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La gaffe de Abbes EL Fassi

Abbes EL Fassi

 

Durant 35 jours avant le 3 janvier 2012, date de la nomination officielle du gouvernement ; Abbes El FASSI,S G du Parti ISTIQLAL négociait avec Abdelilah BENKIRANE SG du PJD les portefeuilles ministériels qu’il convoitait pour son Parti, mais avant tout, pour sa famille et ses proches. Cette façon de faire, a exaspéré presque toute la pyramide du Parti, avec une majorité de jeunes, qui étaient toujours marginalisés et presque ignorés, c’était une gaffe  qui traduit si bien un fatalisme pour les grands fassis du Parti de la Balance, qui ne cessaient de répéter avec fierté et mégalomanie, que leur Parti est celui des trois rois.

la gaffe de abbes

Chabat privé du poste de Ministre, lors du gouvernement Benkirane1 a su instrumentaliser les égarements de Abbes El Fassi, en faisant des sorties médiatiques où il crie avec force que le Parti de la balance appartient à tous les Istiqlaliens  (faisant allusion à la marginalisation de la jeunesse Istiqlalienne), et non pas aux familles Fassis et leurs proches.   Il faut ajouter à cette fatalité l’arrivée du Printemps Arabe avec son mouvement du 20 février au Maroc.   Suite au marasme et la désaffection des jeunes en général et ceux de Fes en particulier. Ces soulèvements du 20 février 2011, ont fait déchoir et disgracier Presque tous les chefs des partis politiques.    Que d’encre s’est écoulé, durant ces 35 jours de tractations et de concertation entre Benkirane et les trois Partis politiques formant une majorité, pour aboutir à la formation du Gouvernement Benkirane1    Ces 35 jours de tractations et de marchandages occultes et laborieux, pour leasquels Benkirane disait aux journalistes : on ne peut pas vous dire tout, vous les savez bien !   Donc, ces 35 jours ont été vécues par le peuple et les observateurs politiques en pronostics et hypothèses, sans précédant, personne n’a pu scénariser le Gouvernement, qui enfin a été nommé officiellement

le mardi 3 janvier 2012 par SM LE Roi. Mohammed VI. Dans le dit Gouvernement ne figurait ni Hamid Chabat, ni les siens, quoique député et maire de la ville de FES.   Dimanche 23 septembre 2012 Hamid Chabat est déclaré 5ème Secrétaire Général du Parti Istiqlal.

Syndicaliste, démago, populiste… rien ne prédestinait Hamid Chabat à diriger l’Istiqlal. L’homme s’est pourtant révélé être un fin calculateur et a su exploiter toutes les opportunités qui lui ont été offertes.   En se faisant élire à la tête du Parti de l’Istiqlal, Hamid Chabat a réussi un incroyable tour de force. Celui de s’imposer, par les urnes, dans une vieille formation politique habituée aux successions consensuelles et aux zaïms issus des grandes familles. Le maire de Fès réalise un rêve derrière lequel il a couru toute sa vie.

Insérer photo Chabat   Il accède à la cour des grands, celle “des gens qui comptent” et qui peuvent influer sur la gestion des affaires publiques.

Une consécration pour ce syndicaliste qui a commencé sa vie en bas de l’échelle et qui a gravi doucement les échelons de la hiérarchie partisane et représentative fassie.     Le nouveau secrétaire général de l’Istiqlal est un homme pressé. Il ne prend même pas le temps de savourer sa victoire. Il enchaîne les réunions partisanes et les rencontres avec la presse pour asseoir son style et marquer son territoire. L’homme se positionne déjà comme le grand arbitre de la majorité gouvernementale. Celui qui peut faire vaciller le navire du capitaine Benkirane. “

Les réformes avancent très lentement et le rendement de certains de nos ministres n’est pas satisfaisant”, lâche-t-il crûment, quelques jours à peine après son élection.

Avec Chabat, le remaniement ministériel n’est d’ailleurs déjà plus un tabou. “Un remaniement est même nécessaire, confirme-t-il, pour donner un nouveau souffle à l’action gouvernementale”. A l’intérieur du parti, le nouveau patron procède à une nouvelle distribution des rôles, et lance plusieurs chantiers en même temps.

En tête de liste, l’assainissement des finances de l’Istiqlal. Objectif : auditer les comptes de la formation politique et procéder à l’inscription du patrimoine foncier du parti au nom de son représentant légal.    Une révolution ! Jusque-là, en effet, plusieurs biens immobiliers du parti appartenaient, à titre personnel, à certains de ses dirigeants historiques. “L’Istiqlal doit sortir de sa léthargie. Les régions doivent être plus autonomes et plus actives. Les ministres doivent rendre des comptes au siège central et aux instances dirigeantes, en plus de défendre les positions et les engagements du parti au sein du gouvernement”, explique Chabat.

Et malgré son nouvel agenda, l’homme n’oublie pas sa ville pour autant. En milieu de semaine, il a ainsi tenu à assister à une cérémonie religieuse en hommage à l’un de ses compagnons de lutte syndicale à Fès. “Ce qu’il vit n’est pas vraiment nouveau pour lui. Avant de prendre la tête de l’Istiqlal, il était déjà député, maire d’une grande ville et patron d’un puissant syndicat.

En plus, explique ce proche de Hamid Chabat, son élection à la tête du parti n’est pas un accident mais un coup de maître sereinement préparé et planifié depuis des années”.

Technicien syndicaliste Né en 1953 dans un petit patelin (Braness) de la région de Taza, c’est un fils du peuple qui voit le jour dans une famille modeste mais militante. Son père, membre de l’Istiqlal, est un ancien résistant au sein de l’armée de libération.

Le petit Chabat va à l’école publique de son village puis à Chaouen, où il décroche son brevet vers la fin des années 1960. Le Maroc est alors un Etat fraîchement indépendant, où les opportunités de carrière ne manquent pas.

A 23 ans, Hamid Chabat s’inscrit dans un Institut de formation professionnelle et en sort avec un diplôme de technicien spécialisé. Il n’a pas de mal à décrocher un poste à la Société des industries mécaniques et électriques de Fès (SIMEF). L’entreprise, spécialisée dans la fabrication de moteurs électriques et de pièces mécaniques, est alors un fleuron de l’industrie marocaine post-indépendance.

“C’est de là que vient le mythe du cycliste qu’on colle à Chabat, explique un membre de sa famille. La SIMEF fabriquait des cyclomoteurs, le raccourci était donc assez facile. Mais, en réalité, il faisait partie des jeunes cadres de l’entreprise puisqu’il était chef de service”.

Très vite, le jeune technicien se révèle être un redoutable meneur d’hommes également et milite pour la création du premier bureau syndical au sein de la SIMEF en 1975. Presque naturellement, Chabat et ses compagnons choisissent les couleurs de l’UGTM, syndicat de l’Istiqlal, parti historique de la ville.

En ce début des années 1980, Hamid Chabat est encore un anonyme qui suit, de loin, les tensions politiques et sociales qui secouent la scène politique marocaine. Il se donne entièrement à son travail et pense à créer une famille. Il épouse Fatima Tarik, tout juste âgée de 16 ans. “C’est une militante qui savait, dès le départ, qu’elle s’engageait aux côtés d’un syndicaliste et d’un acteur politique entièrement dédié à sa cause”, affirme, aujourd’hui, Hamid Chabat.

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Chabat et son épouse

Le jeune couple s’installe à Bensouda, dans la périphérie de Fès. A l’époque, le quartier est une commune rurale où pullulent les bidonvilles et les constructions anarchiques, occupés par des ouvriers ou des émigrés venus des campagnes voisines. Un terrain de jeu idéal pour le jeune syndicaliste fassi,

vraisemblablement doué pour la politique. Il ne perd d’ailleurs pas de temps. Un an à peine après son installation sur place, il crée un secrétariat local du parti. “Il n’a jamais quitté ce quartier, et c’est l’une de ses grandes forces politiques au niveau local. Il habite toujours la même maison et tient à rester accessible aux habitants”, confie un voisin des Chabat.

À 36 ans, le jeune syndicaliste respire la politique. Il enchaîne les meetings et les discours enflammés. En 1989, il appelle son enfant Nidal (littéralement “militantisme”) et tente de se présenter (déjà !) comme candidat au secrétariat général du parti face à un monument : M’hammed Boucetta. Ce dernier ne fait évidemment de son challenger qu’une bouchée.

Le jeune militant se rend alors à l’évidence. Son parcours sans faute et son ambition débordante ne sont pas suffisants pour s’imposer dans un parti comme l’Istiqlal. Il se remet donc au travail et reste à l’affût de toutes les opportunités politiques. La plus grosse vient jusque chez lui,

à Fès, en décembre 1990, Fès s’embrase ! Un mot d’ordre de grève générale est lancé par les principales centrales syndicales du pays. A Fès, Chabat fait partie des principaux relais de cette action coup de poing.

La ville est au bord de l’implosion. Driss Basri, alors ministre de l’Intérieur, est furieux. Il veut à tout prix casser la grève. Il mobilise des centaines d’agents de sécurité et de militaires qui quadrillent les principaux quartiers de la ville. Des heurts éclatent entre manifestants et forces de l’ordre.    Les victimes se comptent par dizaines. Hamid Chabat, ainsi que d’autres syndicalistes, sont activement recherchés par la police. Des gendarmes font même irruption chez lui et embarquent sa femme et son aîné, à peine âgé de 10 ans. S’ensuit une cavale de plusieurs mois où Chabat et sa petite famille sont obligés de changer fréquemment de planque, d’abord à Fès puis dans d’autres villes comme Chaouen. De retour à Fès, il est souvent convoqué au poste de police pour des enquêtes de routine.

L’homme décroche enfin ses galons de grand militant et accède au rang de “héros populaire”. Les émeutes de 1990 deviennent son principal “fonds de commerce”. Sur son site officiel, il écrit par exemple ceci : “Cette étape glorieuse de la lutte syndicale a inauguré une nouvelle ère, faite d’ouverture et de liberté”.

Encore une fois, Chabat ne perd pas de temps et se présente, dès 1992, aux élections communales. Il devient vice-président, puis président de la commune de Zouagha.

À partir du milieu des années 1990, le Maroc connaît une ouverture politique relative avec la relaxe des détenus politiques et l’organisation d’élections législatives plus ou moins transparentes. Chabat, à la popularité déjà bien installée au niveau local, tente sa chance et remporte un précieux siège au parlement en 1997. Il se consacre alors totalement à la politique, mais ne quitte pas sa ville pour autant. “Il n’a jamais voulu rompre son contact avec les gens du peuple. C’est un homme qui soigne, au quotidien, sa popularité”, confie un élu communal à Fès.

En 2002, il mène campagne contre un poids lourd du PJD, Lahcen Daoudi, et arrive à conserver son siège de député. Aux journalistes qui couvrent sa campagne, haute en couleurs et en déclarations chocs, il lance un défi que peu de politiciens peuvent tenir : “Désignez le quartier de votre choix et allons voir ce que ses habitants pensent de mon action !”.

Putsch blanc En septembre 2003, Hamid Chabat est donc naturellement élu maire de la ville de Fès. L’ancien syndicaliste devient un personnage public, une figure incontournable du paysage politique marocain. Son style est un mélange de populisme, de provocation et de réalisme politique.

Rien ou presque ne l’intimide. Les inspecteurs de la Cour des comptes critiquent la gestion financière de sa ville ? Ils les accusent de “terrorisme intellectuel”. La police n’arrive pas à lutter contre les agressions dans l’ancienne médina ? Il engage des agents de sécurité privés pour protéger touristes et commerçants, en plus d’offrir 14 véhicules flambant neufs à la préfecture de police !

Partout à Fès, il inaugure de grosses fontaines en marbre et ouvre plusieurs chantiers d’infrastructure et de développement. “Il a réussi à cacher la misère de la ville”, ironise cet élu issu de l’opposition. Secrètement, il rêve de redonner à Fès son éclat d’antan, et n’hésite pas à affirmer que “la cité est une ville sacrée, au même titre qu’Al Qods ou La Mecque”. Rien que ça !

Politiquement, Chabat s’avère être un véritable bulldozer. Aucun parti ni aucun symbole ne trouve grâce à ses yeux. Il va jusqu’à traiter, par exemple, Mehdi Ben Barka d’assassin sanguinaire, responsable de plusieurs massacres dans le Gharb. Et quand des militants de la Chabiba Ittihadia l’assignent en justice, il se présente au tribunal en jellaba blanche et en tarbouche rouge, accompagné de centaines de partisans.

“Pour Chabat, la politique est un show permanent. En plus, il prend du plaisir lorsqu’il se donne en spectacle”, assure un observateur. Mais les ambitions de l’enfant de Taza sont encore plus grandes. Il croit en sa bonne étoile et décide d’aller jusqu’au bout de ses rêves. En 2005, il orchestre un putsch contre Abderrazak Afilal, SG de l’UGTM depuis sa création en 1960. Il commence par voter l’exclusion du vieux syndicaliste, isolé au sein du parti, avant de lancer un véritable assaut contre le siège de la centrale à Casablanca.

Les partisans des deux parties en viennent aux mains, usant même d’armes blanches. Le clan Chabat remporte la bataille et installe… Mohamed Benjelloun Andaloussi à la tête du syndicat. à ce stade, le maire de Fès préfère rester en coulisses et tirer discrètement les ficelles de la centrale de l’Istiqlal.

En 2009, il réédite son coup et évince Andaloussi. “Il est incapable de gérer le syndicat. En refusant d’organiser un congrès, il fait basculer la centrale dans l’illégalité. C’est inacceptable”, expliquait Chabat à l’époque. Une voie royale s’ouvre alors devant l’homme fort de Fès. En janvier 2009, il accède au comité exécutif de l’Istiqlal et décroche la présidence de l’UGTM.    L’homme prend de l’épaisseur et le syndicat qu’il dirige acquiert davantage d’indépendance vis-à-vis du parti. Chabat se permet même d’égratigner les ministres de sa formation politique ou d’attaquer frontalement certains de ses alliés. A ce stade déjà, une question est sur toutes les lèvres : jusqu’où ira-t-il ? El Fassi ou Chabat ?

Décembre 2010, le Printemps arabe déferle sur toute la région. Les politiques sont sous le choc. Des dictatures, qu’on croyait inamovibles, s’écroulent comme des châteaux de cartes. Le Maroc est rattrapé par la vague de protestations symbolisée par le Mouvement du 20 février.

Chabat observe de loin et se garde de critiquer ou d’aduler le mouvement. Quelques mois plus tard, il affirmera sur le ton de la boutade : “Je ne peux qu’être un supporter du M20, puisque Chabat veut dire février dans les pays du Moyen-Orient”. Des élections anticipées sont organisées en novembre 2011. Hamid Chabat passe haut la main ce nouveau test électoral et arrive même à imposer son épouse, Fatima Tarik, en bonne place sur la liste nationale des femmes présentée par le parti de la balance.

Après la victoire éclatante du PJD, Chabat sait que la participation de l’Istiqlal est nécessaire pour la constitution du nouveau gouvernement. Il pèse alors de tout son poids pour imposer certains de ses poulains. Il pousse des membres de la Jeunesse istiqlalienne, des syndicalistes et quelques Sahraouis. Peine perdue. Abbas El Fassi négocie en solitaire et place les siens en priorité.

Chabat ravale sa colère. Une autre bataille, plus grande et plus décisive, l’attend : celle du secrétariat général du parti. Arrivé au terme d’un troisième mandat exceptionnel, Abbas El Fassi est obligé de remettre les clés du parti. Problème : il n’existe aucun successeur désigné au vieil héritier de M’hammed Boucetta. Devant l’indifférence générale, Hamid Chabat se jette à l’eau et annonce sa candidature.    Il a, une nouvelle fois, flairé l’opportunité historique qui s’offrait à lui et ne se fait pas prier pour la saisir. Il mène une campagne agressive mais sereine. En fin tacticien, il va chercher ses premiers soutiens dans des régions lointaines comme le Souss et le Sahara, fief historique de l’Istiqlal. Il se présente comme le candidat de l’aile mécontente de l’Istiqlal et n’à aucun mal à s’attirer le soutien de la Jeunesse du parti, longtemps marginalisée.

Très vite, son rival se révèle être son meilleur argument électoral. Lisse et consensuel, Abdelouahed El Fassi exaspère militants et observateurs, avides de changement. Même son appartenance au clan El Fassi est de libérer le parti de l’hégémonie des héritiers de Si Allal. L’argument fait mouche mais divise le plus ancien parti du royaume.

L’Istiqlal est au bord de l’implosion. Même quand Mohamed El Ouafa, ministre de l’Education nationale, fait croire qu’il est le candidat du Palais, Chabat réplique (en substance) : “Sa Majesté a mon numéro de téléphone. S’il me le confirme, je m’écarte de la course”. Un incroyable coup de bluff qui relance Chabat dans la course au secrétariat général, et renforce ses chances de réussite.

Dimanche 23 septembre 2012, c’est l’heure de vérité. Les deux candidats arrivent ensemble au Palais des congrès de Skhirat, qui accueille les travaux du conseil national de l’Istiqlal. Mais l’ambiance est électrique. En début de soirée, le patron de l’UGTM est déclaré gagnant avec vingt voix d’écart. Hamid Chabat devient le nouveau secrétaire général du parti. Une véritable claque pour tous les membres du clan El Fassi.

Les premiers mots du nouveau patron sont durs. “Aujourd’hui est un jour historique, car nous avons libéré notre parti”, déclare-t-il. Dès le lendemain, Abdelouahed El Fassi crie, timidement, à une manipulation du vote.

Chabat s’en amuse. Des membres influents, dont des ministres, refusent de siéger dans le nouveau comité exécutif. Mais le nouveau SG n’en a cure et forme une équipe solide autour de lui.

Quatorze nouveaux membres font, pour la première fois, leur entrée au sein du comité exécutif du parti. à peine installé dans le vieux bâtiment qui accueille le siège central du parti, Chabat lance un recensement général des militants, se réunit avec les inspecteurs régionaux du parti et annonce, sans ambages son objectif :

réorganiser le parti en vue de remporter les prochaines élections législatives. Alors ! Demain, Chabat deviendra-t-il Chef de gouvernement ?

Source en parties/ tlql

Réalisé : lemaroc-journal.com

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